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Crowdfunding millésime 2025 : l'immobilier stagne, les énergies renouvelables s'imposent

information fournie par TRIBUNE LIBRE 02/04/2026 à 17:13

Laure Verhaeghe Présidente de Lendosphere ( Crédits photo: Lendosphere)

Laure Verhaeghe Présidente de Lendosphere ( Crédits photo: Lendosphere)

Par Laure Verhaeghe, Présidente de Lendosphere.


Après deux années consécutives de repli, le baromètre annuel du financement participatif publié par Forvis Mazars et France FinTech dessine un tableau contrasté et porteur d'enseignements. La collecte repart — timidement — à la hausse en 2025, à 1 763 millions d'euros (+1,8 %). Mais derrière cette stabilisation se jouent des recompositions profondes : l'immobilier continue de digérer une crise longue, tandis que les énergies renouvelables confirment leur progression.

Immobilier : la collecte se stabilise

Il y a trois ans, le crowdfunding immobilier représentait jusqu'à plus de 60 % de la collecte globale : des rendements affichés entre 9 % et 11 % brut, des durées courtes de 12 à 36 mois, et un sous-jacent — la pierre — que les Français apprécient culturellement. Les plateformes se sont multipliées, les projets financés aussi.

Mais avec la remontée brutale des taux directeurs de la BCE à partir de 2022, les promoteurs se sont retrouvés pris en étau entre des coûts de portage élevés et l'effondrement des ventes. Selon le Baromètre, entre 25 et 30 % des projets accusent des retards de plus de six mois, et entre 20 et 25 % des projets sont en procédure collective – au total un projet sur deux affronte des difficultés. Outre les répercussions pour les investisseurs, cette situation affecte également les plateformes spécialisées : deux d'entre elles cessé leurs activités et d'autres les ont mises en sommeil.

En 2025, la collecte immobilière se stabilise à 845 M€ (-1,9 %), une amélioration notable par rapport aux -25,8 % enregistrés en 2024. Aujourd'hui, le secteur représente encore 48 % de la collecte totale. Les plateformes ont appliqué des critères de sélection plus rigoureux, et ont privilégié des garanties hypothécaires de premier rang ainsi que des projets de réhabilitation pour conserver la confiance de leurs investisseurs. C'est un rappel, brutal mais nécessaire : le financement participatif n'est pas un placement sans risque, et les rendements à deux chiffres ont un prix.

Energies renouvelables : un couple rendement/risque sans précédent

À rebours de la morosité immobilière, la discrète montée en puissance des énergies renouvelables continue. Avec 358 millions d'euros collectés (+1,7 %) et 407 projets financés — en hausse de 31 % —, elles représentent désormais plus de 20 % de la collecte globale du crowdfunding français, dont 70 % dans le photovoltaïque. Le taux de défaut est infime avec moins de 2 % des projets, et le rendement moyen s'élève à 7,7 % brut en 2025. Le couple rendement/risque est donc sans équivalent dans le crowdfunding. La solidité du secteur tient à ses fondamentaux : les infrastructures renouvelables ont des revenus adossés à des contrats d'achat long terme auprès d'EDF OA, ce qui leur confère une visibilité sur les cash-flows que peu d'autres secteurs peuvent apporter. Elle relève aussi du travail des plateformes, qui effectuent un travail d'alignement entre les besoins des porteurs de projets, les attentes des investisseurs particuliers et les impératifs de la transition énergétique.

Les développeurs de parcs éoliens ou solaires trouvent dans le crowdfunding un outil de financement complémentaire au financement bancaire, rapide, compétitif et ancré dans les territoires. Au-delà des considérations financières, c'est aussi une histoire de sens pour les investisseurs : ils savent exactement quel parc solaire ou éolien ils financent, dans quelle commune, pour quelle capacité installée. C'est donc un levier de décarbonation de leurs placements qui les prémunit contre le greenwashing.

Autres enseignements de cette année : le prêt rémunéré remonte la pente grâce au crowdfactoring — le financement de factures de TPE/PME — avec une collecte de 399 M€, en forte progression par rapport aux 294 M€ de 2024. En revanche, l'investissement en capital ne représente plus que 170 M€ de levée, reflet des difficultés du financement des start-up et d'une fiscalité moins avantageuse.

Enfin, un quart des plateformes françaises a déjà amorcé des activités à l'international, principalement en Espagne, en Italie et aux Pays-Bas. Ce mouvement dessine les contours d'un marché européen grâce à l'agrément PSFP. Avec près de 13 milliards d'euros collectés depuis 2015 et un rebond amorcé en 2025, le financement participatif français démontre qu'il s'est installé durablement dans le paysage de l'épargne, et prouve sa capacité de résilience.

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